Interdiction sachets nicotine : où en est-on en 2026 ?
L'interdiction des sachets de nicotine s'applique en France depuis le 1er avril 2026. Elle vise aussi les billes, gommes, pastilles et liquides nicotinés à usage oral, hors médicaments. Pourtant, le dossier n'est pas refermé : le Conseil d'État attend une réponse de la justice européenne, des amendements proposent de réautoriser une vente encadrée et huit ministres de la Santé interpellent Bruxelles.
État au 24 octobre 2026.
Que prévoit l'interdiction des sachets de nicotine ?
En France, il est interdit de vendre, d'acheter, de détenir, d'importer et de consommer des sachets de nicotine depuis le 1er avril 2026. La règle vient d'un décret de septembre 2025. Les médicaments de substitution nicotinique et les produits du vapotage ne sont pas concernés.

Quel texte s'applique ?
Il s'agit du décret n° 2025-898 du 5 septembre 2025, publié au Journal officiel du 6 septembre 2025. Il crée l'article R. 5132-45 du code de la santé publique, qui pose l'interdiction et ses exceptions. L'article R. 5132-46 permet des dérogations pour la recherche. Selon service-public.fr, le texte est entré en vigueur le 1er avril 2026.
Quels produits sont visés ?
Le décret vise les produits contenant de la nicotine, naturelle ou de synthèse, destinés à être consommés par la bouche. Service-public.fr cite les sachets (« pouches »), y compris sans tabac, ainsi que les billes, gommes, pastilles et liquides oraux nicotinés.
Qu'est-ce qui est interdit exactement ?
Le texte interdit la production, la fabrication, le transport, l'importation, l'exportation, la détention, l'offre, la cession, l'acquisition et l'emploi de ces produits. En clair, la vente est interdite, mais aussi l'achat, la possession et l'usage.
Qu'est-ce que le Conseil d'État a décidé sur l'interdiction des sachets de nicotine ?
Le Conseil d'État s'est prononcé à deux reprises. Sa position est nette pour le consommateur, mais une partie du dossier reste suspendue à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE).
La suspension partielle de décembre 2025
Saisi en référé, le juge a suspendu le 22 décembre 2025 la seule partie du décret visant la fabrication, la production et l'exportation. Il a jugé qu'il existait un doute sérieux sur le délai laissé aux entreprises pour réorganiser ou délocaliser leur production. Comme le précise service-public.fr, les autres interdictions sont bien entrées en vigueur le 1er avril 2026.
La décision du 13 juillet 2026
Dans sa décision n° 509446 (Société Dean & Simmons France et autres), le Conseil d'État a examiné le fond. D'après l'analyse publiée sur son site :
- Vente, achat et usage : leur interdiction ne méconnaît ni la liberté d'entreprendre, ni le droit de l'Union, ni la loi sur les substances stupéfiantes.
- Motif de santé publique : la juridiction s'appuie sur les travaux de l'ANSES, notamment sur les intoxications signalées chez des adolescents.
- Question à la CJUE : la France peut-elle aussi interdire la production, le transport, l'importation, l'exportation et la détention de produits destinés uniquement à la vente dans un autre État membre ?
- Sursis à statuer : le Conseil d'État attend la réponse européenne avant de trancher définitivement.

Rien de nouveau depuis juillet
Au 24 octobre 2026, aucune décision de la CJUE ni nouvelle décision du Conseil d'État n'a été rendue sur ce dossier. Une procédure préjudicielle dure généralement plus d'un an. L'interdiction des sachets de nicotine reste donc pleinement applicable pour la vente, l'achat et l'usage.
Que proposent les députés dans les budgets 2027 ?
Plusieurs amendements aux budgets 2027 envisagent une alternative à l'interdiction des sachets de nicotine : autoriser à nouveau leur vente, mais sous conditions. Ces textes sont des propositions, pas des règles en vigueur.
| Amendement | Contenu | Sort au 24 octobre 2026 |
| I-1773, PLF 2027 (Ensemble pour la République) | Vente réservée aux buralistes, plafond de 16,6 mg, accise de 22 à 66 € par kg | Pas encore examiné : vote des recettes reporté |
| I-1826, PLF 2027 (Ensemble pour la République) | Même encadrement, accise fixée à 0 € | Pas encore examiné : vote des recettes reporté |
| AS258, PLFSS 2027 (Rassemblement national) | Interdiction au-delà de 12 mg/ml de nicotine, vente réservée aux buralistes, taxation | Rejeté en commission le 14 octobre 2026 |
| Amendement de Philippe Lottiaux, PLFSS 2027 (Rassemblement national) | Levée de l'interdiction, vente par les buralistes | Rejeté en séance publique |
Ce que disent les sources
Les deux amendements au projet de loi de finances sont recensés par Vaping Post (12 octobre 2026). Côté Sécurité sociale, l'amendement AS258 a été rejeté en commission, d'après jesuisvapoteur.org. En séance, selon Le Monde du Tabac (23 octobre 2026), les députés ont aussi rejeté l'amendement de Philippe Lottiaux qui visait à lever l'interdiction.
Ce que ces amendements changent, pour l'instant
Un amendement déposé n'est pas une loi. Il doit être adopté, puis survivre à la navette avec le Sénat. Selon LCP, le vote sur la partie recettes, prévu le 20 octobre 2026, a été reporté après l'examen du budget de la Sécurité sociale. Notre article sur les amendements du PLF 2027 visant la vape détaille le calendrier.
Que demandent huit ministres de la Santé à Bruxelles ?
Le 6 octobre 2026, les ministres de la Santé de huit États ont écrit au commissaire européen Olivér Várhelyi. Il s'agit des Pays-Bas, de la France, de la Belgique, de la Finlande, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Slovénie et de l'Espagne. D'après Eunews (7 octobre 2026), ils demandent pour la révision de la directive sur les produits du tabac (TPD) :
- Un gel du marché : interdire l'arrivée dans l'Union de tout nouveau produit contenant de la nicotine.
- Des plafonds de nicotine pour les produits existants.
- Une interdiction générale des arômes.
- Le paquet neutre et des produits standardisés.
- Les sachets de nicotine : laisser chaque État aller jusqu'à une interdiction totale.

Quelle portée pour ce courrier ?
Cette lettre n'a pas de valeur juridique. Elle pèse sur la proposition de révision que la Commission européenne doit présenter. Ce texte devra ensuite être négocié avec le Parlement européen et les États membres, ce qui prend en général plusieurs années.
Un signal pour la France
En cosignant, la France défend au niveau européen la ligne de son décret. Elle demande que les États puissent maintenir une interdiction des sachets de nicotine. Les amendements budgétaires évoqués plus haut vont dans une direction différente.
Qu'est-ce qui n'est pas concerné par l'interdiction ?
Le décret prévoit plusieurs exceptions à l'interdiction des sachets de nicotine et des autres produits oraux. Il ne touche pas non plus aux produits inhalés.
| Produit | Statut en France |
| Sachets, billes, gommes, pastilles et liquides oraux nicotinés | Interdits depuis le 1er avril 2026 |
| Substituts nicotiniques (gommes, pastilles, patchs) en pharmacie | Non concernés : médicaments |
| Tabacs à chiquer | Exclus du décret |
| E-liquides, bases et boosters nicotinés | Non concernés : régime des produits du vapotage |
Le cas des produits du vapotage
Les e-liquides sont inhalés, pas consommés par voie orale. Ils relèvent des articles L. 3513-1 et suivants du code de la santé publique : 20 mg/ml de nicotine au maximum, flacons de 10 ml et vente interdite aux mineurs. Les puffs jetables font l'objet d'une interdiction distincte, issue de la loi du 24 février 2025.
Si vous utilisiez des sachets de nicotine
Les substituts nicotiniques de pharmacie restent autorisés. Un médecin, un pharmacien ou un tabacologue peut vous aider à choisir une solution adaptée, et Tabac Info Service propose un accompagnement gratuit. Si la cigarette électronique fait partie des options envisagées avec un professionnel, notre guide pour savoir quel matériel prévoir avant de commencer à vapoter présente les bases. Le dossier consacré au Mois sans tabac 2026 liste aussi les aides disponibles.
Foire aux questions
Non, le décret de septembre 2025 interdit l'importation, la détention et l'usage des sachets de nicotine sur le territoire national, quel que soit le pays où ils ont été achetés, et cette partie du texte n'a pas été suspendue par le juge des référés ; la question posée à la CJUE en juillet 2026 ne vise que les produits destinés à être vendus dans un autre État membre.
Non, les médicaments et dispositifs médicaux contenant de la nicotine sont expressément exclus du décret, si bien que les gommes, pastilles et patchs de substitution nicotinique restent disponibles en pharmacie et peuvent être prescrits par un médecin, une sage-femme ou un autre professionnel de santé habilité.
Oui, le snus contient du tabac et relève d'une interdiction plus ancienne, puisque la directive européenne sur les produits du tabac proscrit la vente du tabac à usage oral dans l'Union, Suède exceptée ; le décret de 2025 vise, lui, les produits nicotinés à usage oral, avec ou sans tabac, hors tabacs à chiquer.
Pas à court terme : la question posée à la CJUE ne porte que sur la production, le transport, l'importation, l'exportation et la détention de produits destinés uniquement à d'autres États membres, et les amendements budgétaires qui proposent une vente encadrée chez les buralistes n'auraient d'effet que s'ils étaient adoptés puis maintenus jusqu'au vote final de la loi.