Vape et Mois sans tabac : que disent la HAS et l'OHID ?

Publié par François, The Hype Juices le 02/11/2026 07:35 et modifié le 02/11/2026 07:35.

Vape et Mois sans tabac : la question revient chaque automne chez les fumeurs qui s'inscrivent au défi de novembre. Peut-on s'aider d'une cigarette électronique pour tenir 30 jours, et qu'en pensent les autorités de santé ? Voici les positions officielles de la HAS, du HCSP, de Tabac Info Service et de l'agence anglaise OHID, avec leurs nuances.

État au 31 octobre 2026.

Vape et Mois sans tabac : peut-on vapoter pendant le défi ?

Oui, rien n'interdit de vapoter pendant le Mois sans tabac, mais la vape ne fait pas partie des aides officielles de l'opération. Le Mois sans tabac vise l'arrêt du tabac, et ses outils gratuits sont le 39 89, l'application et le site Tabac Info Service. La cigarette électronique y est présentée comme une option possible, pas comme un traitement.

Vape et Mois sans tabac : calendrier de novembre aux cases cochées, posé à côté d'une pile de rapports officiels et d'une loupe

Ce que propose l'opération

Piloté par Santé publique France avec l'Assurance Maladie, le défi en est à sa 11e édition. Les inscriptions sont ouvertes depuis le 1er octobre 2026. Notre article sur l'inscription au Mois sans tabac 2026 et les aides gratuites détaille les démarches.

Une option, pas un médicament

Les produits du vapotage ne sont pas des médicaments. Ils ne sont ni prescrits ni remboursés, contrairement aux substituts nicotiniques. Si vous envisagez de vapoter pendant le Mois sans tabac, le premier réflexe reste d'en parler à un médecin, à un pharmacien ou à un tabacologue.

Quelle est la position de la HAS sur la cigarette électronique ?

La Haute Autorité de santé (HAS) ne recommande pas la cigarette électronique comme outil d'arrêt du tabac. Elle ne la déconseille pas non plus chez un fumeur qui l'a choisie. Trois documents fondent cette position :

  • Recommandation de janvier 2014 : la vape « n'est pas recommandée à ce jour comme outil d'aide à l'arrêt », car son efficacité et son innocuité n'ont pas été suffisamment évaluées. Son utilisation par un fumeur qui a commencé à vapoter « ne doit pas être découragée ».
  • Outils pour les professionnels (2018, mis à jour en 2019) : faute de données à long terme, la HAS ne peut pas la recommander. Si le patient la choisit, le soignant précise qu'il ne s'agit pas d'un traitement validé et l'accompagne.
  • Actualisation annoncée : une note de cadrage publiée en juillet 2023 prévoit de traiter la vape, le sevrage des vapoteurs et le double usage. Aucune date de publication n'est fixée.

Trois dossiers officiels empilés à côté d'une balance et d'un tampon, symbolisant les positions des autorités de santé

Pourquoi la HAS reste prudente

Une recommandation de la HAS engage la pratique médicale en France. Elle exige des preuves solides sur l'efficacité et sur la sécurité à long terme. C'est ce second point qui reste le moins documenté.

Où en est la mise à jour ?

À notre connaissance, au 31 octobre 2026, la recommandation actualisée n'a pas été publiée. La position de 2014 reste donc la référence officielle de la HAS.

Que conseillent le HCSP et Tabac Info Service ?

Les deux autres repères français vont dans le même sens que la HAS. Ils admettent la vapoteuse comme aide individuelle, sans en faire un outil de référence. Sur la vape et le Mois sans tabac, c'est surtout Tabac Info Service qui donne des consignes pratiques.

L'avis du Haut Conseil de la santé publique

Dans son avis du 26 novembre 2021, le HCSP juge les connaissances insuffisantes pour proposer la cigarette électronique comme aide à l'arrêt. Il insiste sur deux risques : le maintien du double usage et l'entrée des jeunes dans la nicotine.

La page « Je choisis la vapoteuse » de Tabac Info Service

Tabac Info Service écrit que la vapoteuse « peut vous aider à diminuer votre consommation de cigarettes, en vue d'un arrêt total du tabac ». Le site pose plusieurs conditions :

  • Objectif : l'arrêt complet du tabac, puis, à terme, celui de la vape.
  • Double usage : fumer et vapoter doit rester temporaire, car quelques cigarettes restent nocives.
  • Accompagnement : un professionnel de santé est recommandé.
  • Non-fumeurs : « Si vous ne fumez pas, ne vapotez pas. »

Pourquoi l'OHID anglaise est-elle plus favorable à la vape ?

Au Royaume-Uni, l'Office for Health Improvement and Disparities (OHID) a publié le 29 septembre 2022 une revue des données menée par le King's College London. Elle conclut qu'à court et moyen terme, la vape présente « une petite fraction des risques du tabagisme ». Elle ajoute que la vape n'est pas sans risque, surtout pour qui n'a jamais fumé, et que des études au-delà de 12 mois manquent.

Source Question traitée Position résumée
HAS (2014) Pratique médicale de l'arrêt Non recommandée, non découragée
HCSP (2021) Bénéfices et risques Connaissances jugées insuffisantes
Tabac Info Service Conseil au fumeur Option possible, vers l'arrêt total
OHID (2022) Exposition et risques comparés Risques bien plus faibles que le tabac, non nuls

Deux bâtiments officiels stylisés séparés par une mer, reliés par un pont de documents et une loupe

Des questions différentes

Sur la vape et le Mois sans tabac, ces sources ne se contredisent pas toujours : elles ne répondent pas à la même question. L'OHID mesure surtout l'exposition aux toxiques. La HAS, elle, se prononce sur un outil de soin, avec un niveau de preuve exigé plus élevé.

Des contextes différents

Les services anglais d'aide à l'arrêt intègrent la vape depuis plusieurs années. En France, la référence officielle date de 2014, quand peu d'essais randomisés existaient.

Que montrent les essais sur la vape pour arrêter de fumer ?

Pour juger de la vape pendant le Mois sans tabac, la donnée la plus solide vient de la revue Cochrane « Electronic cigarettes for smoking cessation », mise à jour le 26 août 2026. Face aux substituts nicotiniques, la vape nicotinée est associée à davantage d'arrêts à six mois : risque relatif 1,61 (intervalle de confiance à 95 % : 1,23 à 2,12), sur 11 essais et 4 114 participants, avec une certitude élevée.

Ce que cela représente

En valeur absolue, cela fait environ 4 arrêts de plus pour 100 personnes. La majorité des participants, dans tous les groupes, fumaient encore à six mois. Notre article sur la revue Cochrane et la cigarette électronique en 2026 détaille les autres comparaisons et les limites.

Un essai récent sur l'accompagnement

Un essai randomisé britannique publié en 2026 dans NEJM Evidence (Myers Smith et coll., 1 170 fumeurs) a comparé trois groupes. À six mois, l'abstinence continue vérifiée par le CO expiré atteignait 6,4 % avec des e-mails d'aide, 11,3 % avec un kit de vape seul et 21,1 % avec le kit et un soutien téléphonique. À douze mois, l'écart entre la vape seule et les e-mails n'était plus significatif. L'accompagnement, lui, gardait un effet.

Ce que cela ne dit pas

Les essais durent souvent 6 à 12 mois. Ils ne permettent pas de juger des effets à long terme, ni de garantir un résultat individuel à qui choisit la vape pendant le Mois sans tabac. Si vous préparez un premier essai encadré, notre guide des questions à se poser avant de choisir un premier matériel vape présente les repères de base, et notre lexique de la vape explique les termes techniques employés dans ces études.

Foire aux questions

Oui, l'inscription est ouverte à tous les fumeurs, et Tabac Info Service présente la vapoteuse comme une option possible pour réduire puis arrêter le tabac. L'objectif reste l'arrêt complet de la cigarette, idéalement avec l'accompagnement d'un professionnel de santé ou d'un tabacologue du 39 89.

Non. Dans sa recommandation de 2014, toujours en vigueur à notre connaissance, la HAS ne recommande pas la vape comme outil d'arrêt, faute de données suffisantes. Elle précise cependant que son utilisation par un fumeur qui a commencé à vapoter pour arrêter de fumer ne doit pas être découragée.

Le double usage relève de la réduction, pas de l'arrêt. Tabac Info Service et le HCSP recommandent qu'il reste temporaire, car même quelques cigarettes par jour restent nocives. Le défi de novembre vise justement 30 jours sans aucune cigarette, avec un accompagnement si besoin.

Non. Les produits du vapotage ne sont pas des médicaments et ne sont pas pris en charge. Seuls les substituts nicotiniques prescrits (patchs, gommes, pastilles) sont remboursés par l'Assurance Maladie, ainsi que certains médicaments d'aide à l'arrêt, sur prescription d'un professionnel de santé.